jeudi 23 avril 2009

Tuesday Night and Manhattan

C'était une de ces soirées où le garçon s'était juré de travailler. De ne se consacrer qu'à ça, une bonne fois pour toutes, ou au moins de concrétiser quelque remarquable avancée en la matière. C'était sans compter le stress de son changement d'appartement, qui entama sérieusement le peu de courage qui lui restait. C'était sans compter les nouvelles positives dudit changement d'appartement, qui le poussaient à célébrer - c'était sans compter les usuels appels du pied de ses amis à aller 'danser'. Le garçon les repoussa mollement. Allongé sur son lit à regarder le temps passer, il se laissa couler jusqu'au moment où il était évident qu'il ne se mettrait plus à la tâche. Et où il put accepter l'invitation sans se noyer dans de futiles regrets. Il sortit sous la pluie. Sans parapluie. Le garçon aimait les grosses gouttes qui lui léchaient le visage, elles le réveillaient et elles lavaient en quelque sorte ses angoisses de la journée. Il ignora son corps fatigué et il arriva trempé. Il avait encore à l'esprit l'eau ruisselante dans les caniveaux new-yorkais, les forêts de parapluie à perte de vue le long des avenues et les pas pressés par l'humidité. C'est "lui" qui le sortit de sa torpeur. Son regard perçant plus exactement. Un regard inquisiteur et métallique, terriblement puissant. Et terriblement beau. Le garçon fut pris à part par son ami qui lui révéla un secret chargé de sens sur le porteur de ce regard infini. Insidieusement, il ne lui en tarda que plus de le connaître. Mais lui ne se laissait pas apprivoiser, tantôt froid tantôt simplement fuyant, esquivant le garçon et lui glissant entre les doigts, comme l'eau que l'on veut boire et qu'on ne retient pas. Jusqu'à l'assèchement : le regard et son porteur s'éclipsèrent discrètement. Le garçon fut malgré tout encouragé à les retrouver un peu plus loin. Ses amis l'y poussèrent, le garçon retrouva la pluie et ils cheminèrent tous les trois jusqu'à cet autre lieu que le garçon connaissait bien. Le juke box était là. Et le regard transparent, bleu, à présent amusé, aussi. Mais le garçon aurait dû se méfier - le retrouver ne pouvait vouloir dire mieux le retenir. Et en effet, après une brève poursuite de l'échange entamé en début de soirée, et malgré une proximité grandissante (à son échelle glissante à "lui" du moins), le regard s'éclipsa définitivement. "C'est un gros fiasco !", résuma sobrement l'un des amis du garçon. Il n'eut pas le temps de répondre. Dinah Washington s'était installée. Chantant Manhattan.
Le garçon aima à penser que tout n'était pas manqué - un regard l'avait amené à cette évidence musicale. Il sourit, et laissa la pluie le ramener chez lui.

mercredi 22 avril 2009

Lily!

La première fois, c'était il y a deux ans quasiment jour pour jour. C. m'avait invité au concert d'une radio indy de Los Angeles. Après Rodrigo y Gabriela, Lily Allen était apparue sur scène dans sa robe bouffante toute colorée, accompagnée d'un jazz band qui ne dépareillait pas.

J'avais chaviré. Pour mieux la retrouver à Solidays quelques semaines plus tard toujours si peu farouche, et si agréable à écouter surtout. L'écouter nous chanter, clope au bec et bière à la main, les petites choses de la vie, la sienne et puis la nôtre. Le père absent, le mauvais coup au lit ou la mélancolie d'une rupture, autant d'aspects presque clichés, que son détachement malicieux et sa corrosion acidulée rendent délicieux à l'oreille qui se laisse alors bercer par sa pop douce, mélodieuse et rythmée.

(Attention, spoilers à venir, comme cette superbe setlist qui trône désormais dans ma chambre :))


Lily Allen au Roseland Ballroom de New York c'est donc tout ça à la fois, plus la spontanéité britannique, l'humour vache qui n'épargne personne, et surtout les excellentes chansons de son nouvel album It's Not Me It's YouI Could SayChinese, 22, It's Not Fair, The Fear et bien sûr Fuck You et sa forêt de majeurs dressés contre la bêtise.
Ou encore ma chouchoute de son premier album, Littlest Things (nom originel de ce blog au passage), en acoustique, et teintée d'une jolie émotion.
C'est aussi un concours de dévorage de cheesecake new-yorkais sur scène entre deux heureux prétendants choisis dans le public (croyez bien que je me suis battu) - et c'est enfin Lily qui ose conclure par son excellente reprise de Womanizer, version déchaînée et bien plus efficace, n'ayons pas peur des mots, que la propre conclusion du live de Britney il y a un mois, et oui.
La preuve en images (qui ne sont pas de moi, mais proviennent en revanche toutes du concert new-yorkais de ce lundi 20 avril) :

Le cheesecake


Chinese


Not Fair


The Fear


Womanizer

dimanche 19 avril 2009

Éclosions

Il va se passer quelque chose. La salade va glisser de mes genoux et s’étaler par terre, ou mon bouquin va tremper dans la vinaigrette...
Sur cette chaise baignée du soleil de midi d’Herald Square, l’équilibre est précaire. Mais ça n’a pas de prix. Dorer, lire, manger.
Ah, manger ! Je mange énormément depuis mon retour de Paris, me remplis le bide à retardement, comme des réserves de graisse hivernales qui n’auraient pas bien compris qu’il est trop tard pour hiberner. Malgré tout, c’est beaucoup de humus, et des bagels tous les jours, avec du cream cheese bien sûr.

L’hiver aura été long !
Des constantes se sont accrues depuis le début de l'année, chez la plupart de mes amis et moi-même : un ou plusieurs mémoire(s) à rendre très bientôt et une incapacité monumentale à s'y foutre pour de bon. Des difficultés financières chroniques (rappelez-vous, c'est la crise !) Enfin, une certaine tendance à la saute de moral, à la dépression, au coup de blues récurrent.
La bonne nouvelle, c'est que tout se met à bourgeonner !
Levons le nez, l'hiver est fini.

Herald Square donc. Je déjeune, je lis, je jongle, je ferme les yeux et je ronronne, lézardant sous l'astre brûlant.
Une sorte de brute épaisse, assez effrayante dans son genre, arrose et arrange délicatement les jardinières, les tulipes et les autres fleurs que mon inculture m'empêche de nommer.

Dans l'ascenseur pour remonter au dix-huitième étage, les télés sont allumées en continu, le monde tourne par images et textes saccadés, dans ce petit rectangle suspendu entre le sol et le ciel new-yorkais. L'occasion de se rendre compte que la Terre continue de vibrer. C'est toujours la crise, ce sont les blocages, ce sont les fusillades, c'est la "politique". Ce sont les pirates des temps modernes bien moins sexys qu'il y a quelques siècles.

Les Français quant à eux sont partout, il ne se passe pas un jour sans que j'en croise, où que je me trouve dans la grosse pomme. V. vous en parlerait mieux que moi. Du genre "grosse ou enceinte ?"

Je lève les yeux, les arbres sont en fleurs, l'air est doux, je hume, l'Empire State dépasse au-dessus des branches, colorées de nouveau.
Sur l'escalier de secours juste derrière la fenêtre de ma chambre, le même bel oiseau me salue tous les matins depuis quelques jours. Les jardins de l'East Village bruissent de mille bruits invisibles, ils sentent bon.
Je les double pour rejoindre la Tompkins Branch de la New York Public Library, à deux pas de chez moi. Installé au frais, sur une table basse de la section enfants, je bosse péniblement le court mémoire que je dois rendre dans quinze jours, et qui ne m'inspire pas outre mesure, bien qu'intéressant au demeurant. Le calme des lieux est régénérant, troublé çà et là par la joie printanière des quelques marmots du coin. Je replonge en enfance, les souvenirs affluent, ceux du mercredi après-midi lorsque j'écumais la bibliothèque municipale près de chez moi.

Toutes ces années après, c'est touché et pas peu fier que j'apprends figurer dans la sélection internétique mensuelle de Sensitif, le gratuit gay parisien. Page 6.

Tout reste très incertain : et si je changeais d'appart ? Si je descendais bientôt dans le Sud de la France ? Si je m'y mettais une bonne fois pour toutes ? Si nous ressassions tous moins ?
Finalement les bourgeons qui reviennent, c'est le même cycle que pour le reste - rien de très nouveau sous le soleil, aussi agréable soit-il.

Je suis descendu en fin de semaine à Tribeca récupérer les badges pour le festival. Descente ponctuée d’un Johnny Rockets très Midwest, à deux pas de Washington Square. Je croque dans le burger dégoulinant de gras, assis sur un banc au soleil, toujours lui.
Une jeune fille aux traits fins et coiffée d'un béret pleure. Le parc est empli d'une foule hétéroclite, étudiants, enfants, personnes âgées... Personne ne la remarque. J’ai envie de lui dire de sécher ses larmes, de baigner son visage de lumière.
Mais je sais que parfois le soleil ne suffit pas.

lundi 23 mars 2009

Brooklyn boy(s)

Le post précédent nous a laissés à Brooklyn - restons-y (en quelque sorte.)

C’était un week-end non planifié, ce qui voulait dire beaucoup quand on connaît mon côté control freak. L’idée m’était tout à fait délicieuse après les semaines assez intenses qui venaient de s’écouler (que l’on ne se méprenne pas, je parle d’intensité socialo-alcoolo-trépidante, rien d’autre -cf. post précédent bis.)
Et puis vendredi soir cet ami d’amie que je n’avais pas encore rencontré m’a proposé de le rejoindre au Bowery Hotel pour boire du vin avec ses amis à lui. J’ai accepté avec plaisir. Lui était adorable, le problème a davantage résidé dans son amie parisienne philosophe et dépressive qui avait « tout lâché à Paris » pour sa « nouvelle vie new-yorkaise », et qui voulait « faire n’importe quoi avec moi de temps en temps, des trucs de notre âge quoi », il fallait que je l’appelle, et puis elle avait « plein de copines trop bonnes à me présenter », d’abord. Sur le patio, l'une de leurs amies emballait Jason Segel, la star de Knocked Up, Forgetting Sarah Marshall et le tout récent I Love You, Man. Il y avait aussi ce puant magnat de la mode, franchouillard trentenaire rondouillard dont le seul sujet de conversation était ses amis les pipoles, Kirsten Dunst, Anne Hathaway… Pas Sean Penn en revanche, du coup il n’est pas allé voir Milk vous comprenez. « Ah en plus il fait le pédé Sean dans ce film ? » A un moment où me trouvant près de lui j’ai voulu engager la conversation, je lui ai demandé ce qu’il faisait exactement. « Tu vois avec ma femme on a notre maison de couture et on fait 17 millions de dollars de chiffre d’affaires par an, tu vois, c’est cool. » C’est cool.

Je les ai quittés prématurément, l’amusement social d’observation ayant atteint ses limites. Et puis j’étais attendu ailleurs, A. m’avait entretemps proposé de le rejoindre avec C. et W. Je connaissais peu C., le mec de A., mais j’apprécie énormément ce dernier et il ne s’est quasiment pas passé un jour depuis que nous nous sommes rencontrés sans que nous nous soyions vus. Il est charmant, et drôle, et sympathique, tellement gentil et rempli de vie, c’est un bonheur de hang out avec lui. Et W. est une crème aussi, le genre de mec que tu es content de retrouver aux soirées tu vois. Bref tout ça valait bien une demi-heure de métro pour remonter vers l’Upper West Side, et les retrouver tous les trois à cette soirée française militaire. Française parce qu’organisée par des étudiants bleu-blanc-rouge en coloc’, militaire parce que c’était le thème choisi pour leur soirée. Pourquoi pas ? Grand appartement, terrasse (c’était le premier jour du printemps, ne déconnons pas), et trente Frenchies en treillis et jupes d’infirmières ras-la-foune pour ces dames (c’est vrai qu’infirmière, en soirée militaire ça passe – alors si ça peut permettre de se dévêtir pour aguicher du colonel, et jouer avec les grosses seringues, pourquoi pas !)
A., C. et leur charmante amie M. sont quasiment les seuls Américains. Avec eux, je me fais passer pour tel auprès des Hexagonaux auxquels nous sommes présentés. Nous assistons là à un regroupement assez cliché du Français en groupe à l’étranger, gueulard et mauvais en Anglais. Je me considère hors cette catégorisation, j’observe donc, m’agace un peu mais m’amuse beaucoup au final – ils ne sont pas bien méchants ces compatriotes, juste un peu beaufs pour certains. Et puis nous buvons (ma résolution du jour de me calmer sur l’alcool, pour le bien-être de mon épiderme, de mon foie et de mon compte en banque, aura été de courte durée.) Nous buvons, donc, nous dansons un peu, et rigolons beaucoup. Toujours collés ensemble, A., C., M., W. et moi. Et puis à un moment, nous partons. Je ne sais plus trop d’où c’est venu, mais assez naturellement et spontanément je crois en tout cas, A. et C., qui hébergent leur amie M. pour le week-end me proposent de passer la nuit chez eux moi aussi. C’est beaucoup plus loin que chez moi, ils vivent à Brooklyn, à Prospect Heights. Je n’ai aucune raison d’accepter. Je ne sais plus trop d’où c’est venu, mais assez naturellement et spontanément en tout cas, et avec bonne humeur, j’accepte. Taxi. C’est là que ça commence à tanguer. Un peu d’air, ouvrons la fenêtre. Ce trajet est interminable. Trou noir, je m’endors, ou pass out comme on dit ici. Je me réveille lorsque la voiture s’arrête devant chez eux. Juste le temps d’ouvrir la porte, de sortir, je vomis mes tripes sur le trottoir. A partir de là, toute idée d'une quelconque interaction sexuelle à plusieurs qui aurait pu t’effleurer, lecteur (ne nie pas), et qui nous avait je crois tous un peu effleurés, s’évapore. Pouf, disparue. Le trottoir était un avant-goût, je me vide l’estomac pendant une heure dans leur salle de bains avant d’aller me coucher. Nous dormons tous les trois dans leur lit, leur amie M. dans la chambre d’amie. Et avec le sommeil de plomb auquel nous succombons tous en l’espace de quelques secondes vu notre état, s’opère une douce transition inattendue, pour présider au samedi qui arrive. Nous nous réveillons bourrés, bien sûr. Mais dans la bonne humeur. Ciel bleu, air printanier, soleil de plomb. Brooklyn est calme et sent bon. Douches, ménage, musique à fond, fenêtres ouvertes, rires et sourire, une fille et trois types, comme ça, tous simples, qui se connaissent peu mais ont l'impression de s'estimer beaucoup, déjà.

A ce stade, il faut mentionner mon impétueux besoin de travailler pour le concours que je passe à Paris dans quinze jours - impétueux besoin très lié à l'absence de plans quelconques dudit week-end, en fait. De m'être levé à midi tout imbibé je culpabilise déjà, du coup.
L'ange et le diable sont chacun sur mon épaule, tous deux très à l'oeuvre. Déraisonnable, j'écoute le diable, c'est plus excitant. Et je fais bien. La journée qui suit est faite de petits riens idylliques. Le brunch, la balade dans le parc, la visite du frère, le resto le soir, les préparatifs pour la soirée, encore, toujours. Et les discussions ininterrompues. Il ne se passe rien, mais l'essentiel est là, impalpable et brodé dans la douceur infinie du soleil. Je retrouve cette bulle d'apaisement et d'évidences, hors du temps, hors de New York d'ailleurs. Brooklyn m'apparaît désormais comme un no man's land de petits bonheurs, indispensable.

Je m'attache.

New Gay York : proche de l'Ohio

Il y a donc eu cette folle semaine new-yorkaise du cinéma français. Un excellent prétexte pour sortir bien au-delà du raisonnable, flanqué de nouveaux amis assez exceptionnels, avec lesquels nous formions une joyeuse troupe de drilles un peu fous - un peu folles pardon... Je vous les initialise : B., I., J.-M., puis A., W., M., A., S., B., etc. Le trio improbable, le trio infernal, c'était vraiment B., I. et moi-même - ces trois-là je vous jure... Mais une fois qu'on les a rencontrés, A. et W. n'étaient pas mal non plus.


Bref ! Un dimanche soir à Brooklyn, que fait votre boss bourré à une soirée boulot ? Il vous propose de sortir plus en avant dans la nuit noire new-yorkaise. Et il vous emmène avec vos nouveaux accolytes sus-initialisés au Maritime Hotel. A Hiro plus précisément, soirée gay aux relents nippons (c'est là qu'a été tournée la fameuse scène de boucherie à la fin du premier volume de Tarantino's Kill Bill, vous situez ?) Le lieu est impressionnant, la musique excellente et les garçons beaux dans toute leur diversité : il y en a pour tous les goûts, et cette grande décomplexion permet à B. de danser sur le podium avec le go-go officiel, et à votre serviteur de se faire dragouiller par un cliché bodybuildé bien de chez l'Oncle Sam.

Le mardi soir, vous vous dites que la semaine est déjà bien entamée et vous résistez bien peu aux sirènes de la nuit - vous vous rendez à la mythique soirée Beige @ B-Bar. Les gens terminent leur dîner lorsque vous arrivez, vous êtes sceptique, et puis peu à peu l'ambiance devient intéressante - les rencontres se font très facilement, et c'est plutôt de l'ordre de la discussion passionnée que de la danse endiablée - et c'est très bien comme ça. Surtout lorsque le gai bloggeur star Michael Musto offre des verres à toute votre joyeuse troupe.

Mercredi, au point où vous en êtes, vous ne considérez pas le fait de tout faire gicler à Splash (haha) comme un problème. Là, l'atmosphère et les mâles sont bien moins intéressants, mais la musique est bonne, et quand la musique est bonne...

Le jeudi vous jurez que jamais au grand jamais vous ne sortirez. C'est donc tout naturellement que vous vous retrouvez au G Lounge, puis à Barracuda. Le premier ne vous plaît pas : les trentenaires snobinards bodybuildés torse poils ne sont pas assez friendly pour vous plaire - ils sont même puants. En revanche, la foule du second, incluant un petit vieux de quatre vingt ans tout de cuir vêtu, ainsi que la musique et le drag-queen show, vous séduisent promptement.
Et puis vers les quatre heures, alors que le bar se vide, votre cher ami américain A. décide de parler à un bellâtre en se faisant passer pour Français. Le bellâtre n'y voit que du feu, A. se débrouillant plutôt bien dans la langue de Molière. "I'm an actor you know", lance bellâtre, bien plus haut que son postérieur, nous apparaissant tout de suite moins sympathique et correspondant davantage à la foule haïe du G Lounge pré-cité. Par un stratagème que votre serviteur a oublié dans son verre ce soir-là, il finit par se rendre compte du subterfuge, et de cette amusante blagounette d'adolescents. Non, A. n'est pas Français, la belle affaire ! Oui mais voilà, ça ne plaît pas du tout au bellâtre cette histoire-là, mais alors pas du tout. Nous sommes assez surpris de sa réaction méprisante excessive. "How dare you lie to me??"
Haha, ben voyons. C'est qu'il n'en démord pas. Je me moque gentiment de lui ("Oh sorry it's so bad to lie, we shouldn't laugh about it, how stupid we are..."), ça ne fait évidemment qu'aggraver les choses. Bellâtre se fait agressif, presque menaçant. Tout cela me fait vraiment rire, je ne suis pas énervé le moins du monde - je lui dis donc très posément que "I think you are the worst person I've ever met in this country!" - bon ok j'ai un peu bu, ça n'aide pas à faire dans la subtilité. C'est le feu d'artifice, un vrai bouquet final : "Who do you think you are? You don't have a green card? Then go back to your fucking country you piece of shit, you're just trash!!!" C'était vraiment charmant, qu'est-ce que j'ai ri ! Son ami n'a rien compris, et certainement pas pourquoi Tyler éait dans cet état. Oui, Tyler, le petit nom du bellâtre - c'est A. qui a fait le rapprochement le lendemain. Le bellâtre, c'est lui, une star de la télé-réalité américaine (The Real World Key West) :




Vendredi, il nous a fallu nous remettre de nos émotions : direction Mr. Black, énorme club qui accueillait ce soir-là un fameux rappeur gay dont j'ai oublié le doux patronyme - mais surtout Amanda Lepore, véritable icône transsexuelle américaine, célèbre pour être la muse de David LaChapelle.
(B. et moi avions déjà étrenné Mr. Black quinze jours auparavant, lors d'une mémorable soirée qui nous avait conduits jusqu'à Escuelita - club gay spécial blacks et latinos, où vous vous sentez un peu tâche avec votre peau transparente et où vous lorgnez sur un nombre incalculable de mecs magnifiques dont vous n'imagineriez JAMAIS qu'ils puissent être homos en les croisant dans la rue, see what I mean?)



Samedi est arrivé, et avec lui l'escapade à Williamsburg, quartier hipster (bobo branché) de Brooklyn. Direction Sugarland, fort sympathique bar-boîte dans un vieux hangar désaffecté, et à la très bonne programmation musicale. C'est aussi un endroit où le barman vous demande de le galocher pour vous donner votre verre d'eau. Soit.

Et la semaine s'est conclue là-dessus, une folle semaine de folles donc, le tour de la New York Gay Scene en sept nuits. Une joyeuse troupe et des expériences intéressantes ! Quite unforgettable surtout, comme dirait l'autre. En fait, clubber crée des liens, tout à fait.
Egalement, un état physique proche du délabrement avancé pour m'être levé chaque jour à huit heures et être allé vaillamment travailler. Le relâchement la semaine suivante a été particulièrement douloureux. "J'suis dans un état..."
Cette ville se laisse donc apprivoiser - à refaire, pour sûr.
Please come visit me, I know where to go.

samedi 21 mars 2009

Natalie Dessay in Bellini's La Sonnambula at the NY Met Opera

4h30 de file d'attente pour récupérer des places d'orchestre à 20$ au lieu de 200 et religieusement écouter THE diva. Au Met, tant qu'à faire (où le carrelage des toilettes est identique à celui de la salle de bains chez mes parents, un signe.)
C'était absolument nécessaire, je n'apprécie vraiment l'opéra que depuis trois ans, mais je l'apprécie de plus en plus. Quant à 'elle', rendons à César ce qui lui appartient, M.-L. et J. ont été les précieux bâtisseurs de mon admiration à son égard. Je n'y allais que pour elle en fait. Bellini se limitait jusque-la à Samba de Janeiro dans mon pauvre esprit écervelé. (Mais elle aurait pu chanter ce tube de l'été, je serais resté.)

Elle est incroyable - c'est d'ailleurs J. qui m'a montré la première fois cette vidéo à regarder impérativement jusqu'à la fin. Elle y chante un air de Bernstein au titre éloquent, et elle est incroyable (je l'ai déjà dit peut-être ?) Elle chante et joue a la perfection, une vraie interprète.




Mercredi soir, La sonnambula de Bellini (donc) n'était pas le plus flamboyant du monde, dramatiquement, musicalement ou dans sa mise en scène, mais les airs étaient magnifiques. Juan Diego Flórez chantait à la perfection.
Et Natalie Dessay était incroyable.

Au cirque avec Britney


Oui, j'étais l'excité détenteur d'un précieux sésame pour le Circus Starring Britney Spears !
Samedi 14 mars, je me rendis donc vaillamment a Newark, New Jersey, au Prudential Center. (C'est vrai, après tout, quel pouvait bien être l'intérêt pour Brit-Brit de se produire au coeur de New York, au Madison Square Garden par exemple ? On me souffle d'ailleurs dans le même ordre d'idée que ses concerts à Bercy des 4, 5 et 6 juillet prochains - officialisés la semaine prochaine - sont désormais transférés au Zénith d'Orléans.)
Bref - un peu d'humour amer pour traduire ma légère déception, si j'ose dire.

J'aurais dû me méfier en voyant l'affiche d'un concert d'André Rieu trôner dans le hall de l'arena, ceci dit.
Bon soyons francs, une bonne partie de la déception est liée à mon emplacement (tout là-haut là-haut), mais pas le choix, je n'avais pas les moyens de mettre 300$ dans la place, pardon de vous décevoir. Ensuite le public américain n'aide pas tellement, comme d'hab' - en concert c'est encore plus particulier hein, ça se lève pour aller boire et bouffer comme à un match de base-ball (comme au cinoche, comme partout en fait), et ça reste assis les trois-quarts du temps - la lose, j'étais le seul debout à gesticuler vainement du début à la fin. Il faut dire que les places en "fosse" sont très limitées, et sont en fait considerées comme VIP, a 300$ donc... Du coup 99% de l'Arena est seated et ne se lève que pour Womanizer - en gros.

Bref à ce niveau-là Bercy - Orléans pardon - sera forcément différent.

Le "concert" (le show) en lui-même ? Passons sur la performance strictement professionnelle mais (donc ?) efficace des Pussycat Dolls pour réveiller le public en apéritif.
Je trouve ça dommage d'appeler la tournée le Circus Tour et de ne faire que trois chansons dudit album Circus (pas difficile de deviner lesquelles), la logique m'échappe. Du coup beaucoup de Blackout, ce qui est très bien (Piece of Me, Radar, Ooh Ooh Baby/Hot as Ice, Freakshow, Get Naked (I Got a Plan), des extraits remixés de Break the Ice et Gimme More en transitions), mais je suis quand même resté sur ma faim côté cirque.
Et cette bitch n'est sur scène qu'1h30 !! Soit peu de place aux vieux tubes... Seulement trois, mais pour ce qui fut certainement la meilleure partie du concert du coup. Parce qu'enchaîner I'm a Slave 4U, Toxic et Baby One More Time provoque quelques frissons de nostalgie et d'excitation, forcément.

Niveau chorés c'est impeccable, mais c'est la moindre des choses quand on est en full lipsinging du début à la fin... Même Mado (celle de Detroit, pas la Québecoise) avait la décence de chanter faux sur une ou deux chansons pour prouver qu'elle n'était pas tout le temps en playback.
Il n'y a guère que sur Everytime qu'on peut accoler à Brit la mention 'live'. En même temps, à califourchon sur un parapluie géant, c'est facile.
Communion avec le public ? Zéro, mais alors zéro de chez zéro, et pas grand chose à ajouter à ce sujet du coup - elle est plus chaleureuse dans ses clips que sur scène, voilà tout.

Paradoxe de l'effet Britney, j'ai quand même pris mon pied - mais j'en attendais vraiment plus. Ses concerts orléanais rendront bien mieux, sans aucun doute.
Ne serait-ce que parce que je vous connais chers lecteurs, et que vous y serez !