vendredi 8 janvier 2010
jeudi 31 décembre 2009
Le réel
Il y a eu un déclic, le cylindre de papier enrubanné de rouge à la main - ou peut-être était-ce dans le train pour cet ultime cheminement Nord-Sud. Ou dans l'avion, l'iPod vissé sur les oreilles. Ou peut-être le déclic est-il latent depuis trois mois : c'est en tout cas aujourd'hui qu'il s'opère et permet de combler le silence de ce blog, enfin.
C'est qu'on a peur. Peur de changer, peur de sortir des sentiers qu'on a battus toutes ces années.
Cette année-ci, elle a commencé avec un bout de dent cassé. La faute à la bouteille de champagne qui l'a cognée. Et bonne année surtout ! Et quelle année.
Le froid de la rue des Canettes dimanche 11 janvier, d'une douceur infinie; le Paris-New York d'une excitation prévisible; l'autre froid, du West Village, et son mal-être absolu; les révélations "professionnelles" amusantes pour commencer à se sentir mieux; "la soirée du cinéma français" et ses rencontres au long cours; la félicité du mardi 10 mars, la semaine qui l'encadre et ceux qui l'ont suscitée; la sérénité inconditionnelle à Brooklyn; Billy et les filles; "le Brésil"; la transmission du mercredi 8 avril; et jeudi 9; le bonheur triptyque parfait du jeudi 7 mai; les marches tapissées de velours rouge dans le Sud de la France; la réassurance partagée sur les quais juste après; les rencontres de l'été; le désabusé désormais annuel du mardi 9 juin, particulièrement désabusé cette année; "Bingo!"; le char greasé du samedi 4 juillet; des larmes dans un ascenseur le lendemain; une rencontre lilloise impromptue sur Bowery; "petite soirée entre amis" estivale; la chaleur de l'île du feu; les arrivées du mercredi 5 août, du mercredi 12 et du vendredi 14; une nuit à la belle étoile sur un toit d'East Village; un restaurant mexicain avec IFC; "Les Anges", toujours, et sa surprise derrière la porte; "elle" tout le mois de septembre; la crise d'angoisse monumentale du lundi 7; le relâchement dans la voiture pour l'aéroport; les larmes à Hiro; le dernier taxi; Paris et la perte de tout rythme, la remise en question globale ("non"); les chaussons de danse à coudre; un superbe anniversaire; la plage et l'Afrique; la tristesse de début décembre; les conversations idoines qui ont suivi; le diplôme et les pavés mouillés; la virtualité - et la virtuosité; les pistes professionnelles qui continuent d'être tracées, malgré les rêves fous et l'inconnu flou - les soutiens qui surprennent; l'échantillon et l'obsession, le cauchemar; les murs froids; l'aveugle dans le métro. Et cette osmose familiale de fin d'année qui se suffit à elle-même, au théâtre et sur les pistes.
La musique, toujours - ces chansons désormais elles aussi associées à cet instant, à ce lieu, à cette personne.
On lit partout la hâte de passer à 2010. 2009 aurait été une année mauvaise. On se rassure comme on peut, avec ces bornes artificielles qui ne veulent rien dire. Ce soir la nuit tombera, demain le froid soleil d'hiver se lèvera, et tout se poursuivra.
Mais si l'on choisit de s'amuser avec lesdites bornes et d'en jouer le jeu, 2009 aura sans doute été charnière dans tous les domaines.
Avec cette sale impression tenace : qu'on profiterait plus des beaux moments en y repensant quelques mois après que lorsqu'on les a vécus. Pourtant, il faudrait vraiment être difficile pour bouder son plaisir : New York, Cannes et cette incroyable expérience de septembre qui était encore inimaginable il y a six mois.
Non, tout fut grand - et tout fut dur aussi. Et fort. Comme pour mieux confirmer cet adage que l'on se serait choisi il y a quelques années : "De grands bonheurs et de grands malheurs valent mieux que de petits bonheurs et de petits malheurs." Alors soit.
Et si l'on s'y cramponne à ces bornes bornées, c'est bien que tout, au gré de nos chères saisons, est tellement cyclique. Rien ne change vraiment. Et tout à la fois, subrepticement. Au beau milieu de tout cela, une fois de temps en temps surgit une forme de transcendance, un sursaut de surprise, de sourire et de sauvagerie. De sincérité.
Le réel est difficile à atteindre.
Les petites choses de la vie en sont sûrement les plus grandes.
"Trop de communication tue la communication", trop "d'amis" tuent les amis. Trop de mode tue la mode ? "Je suis un monstre d'amour." Sans argent, sans travail, sans répartie, sans nid et sans romance.
Mais avec une de ces patates !
Alors chérissons précieusement septembre, Cannes, et le reste. Et New York. (Surtout New York.) Visons encore la lune, atterrissons toujours au milieu des étoiles.
L'important c'est d'avancer. Et de continuer à danser.
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Arthur
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18:09
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lundi 28 septembre 2009
I happen to like New York
I got here on a cold winter day, not feeling that good about it.
The next thing I know I'm in tears in a club, eight months later.
Sadness, what else?
I will be back.
...just meant to be.
Publié par
Arthur
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mardi 15 septembre 2009
Ju Bi-lé
Lundi soir dernier je m'étais endormi vraiment tôt, complètement épuisé, déjà, par mon nouveau boulot tout frais.
Et puis hop, un moustique, vous savez, celui qui vient vous ronronner doucement à l'oreille.
Et puis hop, crise d'angoisse. Une bien belle - je n'ai pas fait semblant.
Le moustique n'est pas la cause de la crise d'angoisse; le moustique est responsable de mes yeux grand ouverts à fixer le plafond, et de mon impossibilité à me rendormir. De là, pensées noires et sombres pensées...
Tout s'est télescopé, ça n'était pas très joli à voir. Le nouveau job bien trop stressant et intense que j'allais être incapable de bien faire, tous ces gens que je n'aurais jamais le temps de revoir avant mon départ, ce mémoire que je ne terminerais jamais dans les délais, ma non obtention de diplôme, et New York qui s'étiolait et dont je ne profiterais plus. Jamais.
J'avais mis le paquet : palpitations, larmes, oppressement, la mort pour tout le monde... Une catastrophe !
Le lendemain matin tout allait mieux.
Ce lundi soir, une semaine après, c'est terminé, je ne suis plus étudiant. Pas encore diplômé mais le mémoire est bouclé, et même bâclé je sais que j'aurai mon précieux sésame pour la vie adulte.
Je me goinfre de New York à chaque instant, plus par les yeux et de diffuses sensations, mais c'est toujours ça de pris. J'y case quelques amis.
Et je prends mon rythme de croisière pour ce job le plus stressant et le plus excitant, très probablement, de ma courte carrière.
De là à dire que tout va bien il n'y a qu'un pas. Que je franchis. Allègrement.
Je savoure ces petites coïncidences de la vie... Très présentes autour de ces trois ultimes semaines new-yorkaises. Un écrivain qu'elle invite, et hop, le soir où je vais la chercher à l'aéroport je m'assieds dans le métro en face d'une jeune fille qui lit un bouquin de cet écrivain. J'attends l'avion et hop surgit dans le terminal une ancienne amie du lycée pas vue depuis cinq ans.
Et je termine New York à Brooklyn. A BAM. Oui, "BAM".
"BAM", et c'est en plus là que tout a commencé, un mois après mon arrivée, en mars dernier. Une folle semaine de sorties, annonciatrice des sept mois de bonheur qui ne manqueraient pas de suivre.
Je les chéris, ces petits signes qui ne disent rien mais encouragent tellement. Pour tout un tas de raisons, un certain vendredi soir de novembre dernier a eu une forte portée, dont je ne soupçonnais alors pas qu'elle atteindrait toute l'année qui suivrait. Ce soir-là, j'ai rencontré deux garçons qui sortaient du Théâtre de la Ville. Ils venaient de voir un spectacle. Celui-là même sur lequel je travaille en ce moment, ici, à New York. Juste avant de rentrer à Paris.
Je ne mentionne même pas les histoires maternelles de genou !
Mes envies d'avenir explosent, des désirs artistiques renaissent, je me love dans le cocon bienveillant du vieux théâtre de Peter Brook. Un grand air de Bouffes-du-Nord qui n'est pas pour me déplaire - pléonasme.
L'art resurgit, une certaine forme de reconnaissance est appréciée à sa juste valeur, le monde est petit et les contacts se cultivent, au même titre que les amis sont aimés.
Sur scène, un couple répète, un couple naît, se fait, se défait, s'embrasse et nous embrase. Tout s'imbrique avec moult délices.
Les mouvements, les couleurs, la musique. Les aimants. Tout est possible.
Demain, partons loin.
Et vous, dansez maintenant !
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Arthur
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dimanche 13 septembre 2009
...but you're bringing me down
Ta copine était en feu.
Toi tu palpites et tu pleures. Tu t'es rafraîchie. Tu me fais doucement redescendre. Me fait réfléchir. Mais je ne t'ai rien demandé ! Qu'est-ce que je vais faire de moi ?
La dernière minute habituelle, les impulsions et ne pas aimer ce qu'on pensait adorer. Se concentrer sur le long-terme - avec lui je reviendrai sur tes derniers mois. Mais lui, c'est sans toi -ugh.
Caught in a trap, I can't look back, baby I hate days like this.
Et pourtant ma belle, ce que tu vas pouvoir me manquer.
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Arthur
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vendredi 4 septembre 2009
Boom Boom Pow
Et soudainement il est là qui vous submerge, ce soulèvement bref et piquant du cœur, toujours prêt à vous ferrer à chaque moment charnière. Trois heures avant la fin de la dernière journée du stage – « comme ils ont passé vite ces sept mois ! », « que ces belles personnes vont me manquer ! »… Coïncidant en plus avec la veille d’un retour à Los Angeles. Il n’en fallait pas tant ! Une semaine avant l’un de ces jobs futiles, excitants, stressants et originaux dont on se rend bien compte qu’ils ne sont sans doute que l’opportunité d’un unique moment. Pour le moment unique je vous tiendrai au courant.
On parlera communication, aussi. Trop de qui tue la. Des volontés d’intégralité qui se muent en excès non assumés. L’entourage.
Je ne vous ai pas raconté Boston. Camille. Pride. Malo, Charles.
Et ces soirées impromptues prolongées avec la plus grande facilité jusqu’à l’aube, malgré l’alcool et les vapeurs oniriques (grâce à ?)… Les nuits à la belle étoile. Des rencontres, toujours. New York qui pleure. Qui sourit. Les interrogations minimisées. La fatigue extrême, physique, nerveuse, provoquée – la peur du contrecoup parisien. Pariquoi ?
Aux anges une page se tourne aussi, initiatrice de tout ce que je suis et ne suis pas aujourd’hui. Une bonne grosse page donc. Débordante de tendresse à la californienne. Laurent…
East Village, nuit d’été, le saxo gonfle les cœurs, les sourires paisibles dans la nuit douce.
Vous vous rendez compte, que le temps court ? Se rit de nous ?
La musique, les podiums, la sueur et les poils.
Les pages tournent tellement vite. « Ça, c’est fait. »
Donnez-moi du rêve et du voyage. De l’argent. L’insouciance et l’incertitude délicieuse de terminer pour ne pas vraiment savoir quoi recommencer. Jouer à la Bohême, ne pas plus anticiper, foncer dans le tas, prendre les choses comme elles viennent, être là où le vent porte. Emporte.
Que ce cœur se soulève encore beaucoup.
Publié par
Arthur
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03:13
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jeudi 30 juillet 2009
Boys on Fire
C'est une fine bande de terre au large de Long Island, à plus de deux heures de Manhattan. Sur l'île, pas de voitures. A la descente du ferry, des hommes nus. Pas une femme.
Ceci est un chouilla exagéré, mais du côté de Pines (évidemment il n'y a là aucun jeu de mot vaseux pour nos amis américains), la vie est tres gay. Un peu trop même ! Le stéréotype bodybuildé épilé snobinard de Chelsea avec son chihuahua dans les bras, je ne suis pas très fan.
Au-delà de ça, Fire Island n'a pas galvaudé son titre de "plus belle plage de New York" - surtout lorsque vos amis vous invitent à séjourner avec eux dans la maison qu'ils louent à cent mètres des vagues. Au milieu des pins (vous comprenez à present ?), il vous suffit de lézarder dans la piscine, de jacuzzier dans le jacuzzi et de siroter les cocktails maison (dès 13h si possible, histoire d'arriver en forme aux différents 'teas' du soir, les apéros locaux où tous les mâles de l'île se retrouvent.)
Au bout du ponton, le sable fin et le tempétueux Atlantique. Plus au Sud, Cherry Grove, bastion lesbien (avec Drag-Queen Show autour de la piscine). Entre les deux, femmes et hommes naturistes, pour le plaisir des yeux (ou pas.) Le décor est planté. Vous passerez le week-end à demi nu.
Ne vous y trompez pas, sous ses airs (assumés) d'Île de la tentation (avec Laundry Fucking Room intégrée), Fire Island est bel et bien la meilleure destination estivale new-yorkaise.
A petite dose...
Quelques illustrations qui parlent d'elles-mêmes :

Publié par
Arthur
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05:36
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