vendredi 13 juillet 2007

Broadway, mon amour


Certains voyages marquent plus que d'autres. Une fois n'est pas coutume, je vais pourtant vous épargner mon sempiternel laïus sur Los Angeles (ce qui ne m'empêche pas de linker :D)

Aujourd'hui, le sermon porte sur la Côte Est.

J'ai eu la chance d'aller à New York à plusieurs reprises, et c'est la toute première ville de laquelle je puisse clamer être tombé amoureux - avant Paris. J'avais 11 ans quand j'ai fait mon dépucelage de la Grosse Pomme, et je crois que le choc n'en a été que plus grand. Tout ce qui m'a plu à ce moment me plaît encore aujourd'hui, mais ces sensations m'ont marqué au fer blanc de par mon jeune âge de l'époque. Pour la première fois, je comprenais comment on pouvait parler de l'âme d'une ville, pour la première fois je ressentais ce bouillonnement urbain, cette énergie folle et métissée à tous les niveaux, qui sont le propre de Big Apple, et qu'on retrouve rarement ailleurs.

En fait, si je vous parle de tout ça, c'est pour aborder un aspect plus particulier de la ville, et qui me tient particulièrement à coeur, aspect qui s'est ravivé à mon esprit pas plus tard qu'hier soir, aux Folies Bergère. Nous sommes allés voir Cabaret, l'adaptation française du fameux musical de Broadway, mis en scène par Sam Mendes.
Et j'ai replongé !
Replongé en février 1999 devant Cats, replongé en juillet 2001 devant The Phantom of the Opera; replongé tous les étés qui ont suivi, devant Fiddler on the Roof, The Producers, The Lion King ou Wicked...
Je l'avoue, je le reconnais, je le confesse, parmi l'ecclectisme de mes goûts (ouh ouh), je suis fan de musicals !
Le public hexagonal est resté longtemps hermétique aux comédies musicales anglo-saxonnes, les vraies de vraies - Cats à Paris en VF dans les années 1980 avait fait un flop et découragé toute une génération de producteurs pleins d'entrain de remettre les pieds en France. Alors on s'est créé nos propres shows - mais plutôt sauce Zénith et NRJ, sorties de singles et Star Ac' : Notre-Dame de Paris et autres Dix commandements et Roi Soleil... Tout, sauf des musicals, censés eux s'offrir de vrais théâtres, un orchestre live... et un charme fou.
Et puis des petits bijoux de cinéma comme Moulin Rouge ou Chicago (adapté de Broadway) ont eu un certain succès, confirmé cette saison par l'engouement des spectateurs devant la version française soignée de Cabaret, donc.
Pour ma part je reste partagé. On retrouve indéniablement le charme de Broadway, le soin apporté à la mise en scène (top), aux chorégraphies, aux lumières, l'orchestre live (top bis) et ce rythme impeccable propre aux musicals. Mais la traduction française du livret s'est parfois révélée bancale, et le jeu des comédiens inégal. Restent une histoire forte, une chute abrupte, un beau message illustré par de la fausse provoc' rigolote, et un Fabian Richard et une Claire Pérot assez formidables en Emcee et Sally.
Comme ça fonctionne plutôt bien, Stage Entertainment a décidé de produire Le Roi Lion pour la rentrée à Mogador. Comme pour Cabaret, le public découvrira la même mise en scène qu'à Broadway, mais en VF. Ce qui dans ce cas ne devrait pas poser de problème puisqu'il s'agit presque exclusivement des chansons du film. N'allez pas vous imaginer de grosses peluches sur scène, le spectacle est beau et très poétique, entre percus et masques africains, marionnettes en bois et tissus colorés. La transposition scénique passe à 100%, et on reste assez halluciné de ce qui a pu être fait. Franchement, ça vaut vraiment le coup.
Je suis donc ravi de voir que le public français prend peu à peu goût aux musicals, ça ne peut augurer que du bon pour les années à venir...

Mais je vous parlais de New York !
Vous la voyez, cette foule dense et compacte agglutinée sur Times Square ? Les panneaux géants clignotent, ça sent le bagel au Starbucks du coin, ce type essaie de vous revendre ses montres pourries et de la vapeur s'échappe d'une bouche d'égoût alors que vous traversez Broadway et manquez de vous faire écraser par ces pompiers qui foncent, sirène hurlante...
Tous ces gens se frôlent, se bousculent, s'évitent, s'embrassent; l'odeur de la rue est particulière, la démarche new yorkaise est particulière - vous vivez là, vous êtes de passage, en vacances.
Vous décidez de vous évader, vous avez envie de musique, de scène, de couleurs, de rires et de larmes, d'un spectacle très anglo-saxon, un spectacle surtout très bon.
Seule Broadway peut vous offrir ça (bon ok le West End londonien aussi, mais ça ne m'arrange pas tellement pour le post) !
Vous êtes porté par la puissance évocatrice de New York, sa force et son rythme saisissants.

Vous vous engouffrez dans un théâtre.
Après tout, "life is cabaret!"

8 commentaires:

elisa a dit…

Ah, la chaleur étouffante du musical... un régal :-)
De la Big Apple, il faudrait aussi mentionner d'autres quartiers que celui de Manhattan, car la Big Apple, c'est aussi Harlem, sa renaissance et son Cotton Club, son jazz et son blues...

Gyom a dit…

@ Elisa: Alors, au risque de faire mon tatillon : Harlem, c’est sur Manhattan…
Les autres quartiers, ce sont le Bronx (charmant, en effet…), Staten Island (la redéfinition du vide, sur la surface de 2 fois et demi Manhattan…), le Queens (pour la pluralité culturelle : de la bouffe venant de partout ; et l’US Open, aussi…) et Brooklyn (nouveau spot bobo, mais vraiment sympa, en vrai).
Mais tu as raison de dire que NewYork réserve encore plus de surprises que les clichés merveilleux qu’on peut déjà avoir. L’expression "c’est une ville à voir" y prend tout son sens.

@ Arthur: Tu sais que tu donnerais presque envie d’y aller plus souvent ?...
Voir des Musicals, hein. J’entends bien.
Sinon, je confirme pour l’intensité de la ville. Certes, on s’y perd, mais c’est tellement agréable de se noyer dans cette diversité, d’être surpris quand on ne s’y attend pas.

Arthur a dit…

@ Elisa > D'accord avec Gyom; et puis surtout, le but de cet article, c'était d'évoquer le Broadway touristique, pas les messes de gospel (another time maybe ^^)

@ Gyom > Tant mieux, j'attends tes compte-rendus cerisesbleuesesques des nouveaux shows à l'affiche !
Pour la surprise,je confirme : ça me rapelle une "balade" à pied de South Central Park à Ground Zero, sous la chaleur de juin 2003. On était tombé sur Greenwich, un peu par hasard, et à l'époque on avait halluciné de cette impression de se retrouver à Londres, alors qu'on était au coeur de Manhattan - les petites maisons, les arbres, les petites rues calmes... C'est ça, texto, "surpris quand on ne s'y attend pas" (en même temps, je me le demande à l'instant, peut-on être surpris quand on s'y attend ?)...

elisa a dit…

@ Gyom > Nevermind pour Harlem :-) M'enfin, sans vouloir faire ma t^te de mule, c'est toujours pas la même ambiance que le Manhattan de Carrie Bradshaw, entendons-nous bien...

@ Arthur > Si le Cotton Club signfie pour toi de la messe gospel, c'est que Dirty Dancing est un opéra en trois actes !
Par Harlem, j'évoquais Duke Ellington, par exemple, non pas les Blues Brothers en mission pour Dieu. Je m'égare, mais je me comprends.
Ca m'apprendra.

Anonyme a dit…

j'y suis a time square... et y retourne pr de vrai ds 3 semaiens... any suggestion as to which musical to go to this time my dear ?

BIIIIIIIIIIIIIZ
pp

Arthur a dit…

@ PP > Des tonnes de suggestions... http://www.broadway.com
Je te conseillerais Hairspray, Les Misérables, Mamma Mia! et The Phantom of the Opera.
Et j'exige un compte-rendu bien sûr :)
Des bécots, des bécots !

julien a dit…

Jamais allé à New York mais tellement proche de ton article, moi fan de Comédies musicales, en particulier 'Les Misérables' et 'Wicked', tout juste extraordinaire! Mais Cabaret en France Top, sauf quand on a pour rôle principale une jolie blonde au cheveux long, censée incarner la charmante Sally Bawl, brune cheveux court....
Sans parlé du bagel au saumon ... Columbus café du coin!
Ju

julien a dit…

Juste pour le plaisirs!!!

ecoute ça!

http://www.youtube.com/watch?v=TNv6cFUvU9s

pure bonheur!

Ju
destrucsetdeschoses.over-blog.com/